Fortune and Fortitude (L’aigle de la 9e légion ; Slash ; Ang)

Fortune and Fortitude (L’aigle de la 9e légion ; Slash ; Ang)


Couple / fiction centrée sur : Esca Mac Cunoval / Marcus Flavius Aquila

Fortune and Fortitude

Auteur : Twowritehands
Genre(s) : UA, M-preg, fic pseudo victorienne, angst, mariage arrangé
Rating : MA
État : achevé (24 chapitres, près de 170.000 mots)
Connaissance du fandom : Absolument inutile
Spoliers : Aucun, si ce n’est quelques clins d’œil pour qui connaît l’œuvre d’origine

Résumé : Arranged marriage AU set in a pseudo-Victorian world where there are men, women, and fortunate men (aka men who can get pregnant). Fortunate men are treated just as poorly as women as far as rights and equality goes, if not worse. Marcus, though, has been hiding his « inferior gender » in order to be in the military… But now he’s pregnant, scorned by his lover, and has to marry someone else ASAP or risk ruining the family name even more than it already is.
Cue the reclusive Lord Esca Cunoval, who will lose his family’s estate if he can’t pay off it’s debts quickly, so he marries Marcus having no clue about the baby on the way. They have a lot to work through before they can be happy together.

 

Avis (long et avec plus de spoilers que je n’en ai l’habitude même si je ne dévoile pas grand chose du scénario en réalité) :

Il était tout de même temps que je recommande sur ce fandom un vrai UA et si j’avoue avoir hésité à propos de cette fic-ci, j’estime qu’au final la balance penche en faveur du positif.
Je ne suis pas du tout fan des fics M-preg mais le genre est ici non seulement bien mais en plus profondément traité. Les auteurs ont en effet inventé un « 3e sexe » – que l’on retrouve dans l’ensemble du monde animal (quelque chose que je n’avais encore jamais lu dans une fic) et donc logiquement aussi chez l’être humain, avec tout le champ lexical qui s’y applique. Elles ont, du coup, entièrement repensé les relations sociales qui en découlent – bien que, bien sûr, le statut de 3e sexe soit socialement proche de celui de la femme ; autant dire qu’il ne vaut pas grand chose. Mais le fait que Marcus soit tout de même (du moins dans notre tête de lecteur, et surtout de lectrice), un homme apporte une distanciation que j’ai trouvé salutaire. Parce qu’il est déjà extrêmement énervant, pour nous lecteur (lectrice, vraiment !) moderne, de lire la façon dont Marcus, « homme fortuné » (ah ! la belle ironie du terme !) est considéré par la société de son époque mais je crois que le lire avec un protagoniste féminin, sur autant de pages (près de 420) aurait simplement été insupportable par procuration.
Ici, j’ai ressenti, au-delà de mon identification avec le personnage, un vague sentiment vengeur, comme si l’histoire pouvait éclairer (un homme) sur la condition et la vision de la femme (sur certains points encore hélas bien trop d’actualité), puisque pour eux aussi, l’identification avec Marcus devrait être forte.
Les auteurs ont également eu l’intelligence de globalement rester floues sur l’anatomie des « fortunés » pour que cela fonctionne sans paraître trop invraisemblable.

Dans cette fic, j’ai souvent ressenti beaucoup d’énervement face à la personnalité de Marcus mais une bonne partie du temps, c’était ce que j’estime être un énervement positif : on a envie de lui donner quelques baffes histoire de lui ouvrir les yeux quant aux sentiments qu’Esca lui porte et auquel il reste désespérément aveugle (ah, doux, délicieux angst !). Le récit étant focalisé sur Marcus, j’ai vraiment aimé la façon dont les auteurs parviennent à nous transmettre ces sentiments (les silences, les regards) tout en justifiant que Marcus puisse ne s’apercevoir de rien ou ne pas les interpréter correctement. Dans le genre, c’est un long « get together » avec lequel il faudra prendre votre mal en patience, même (surtout) après la célébration du mariage de convenance. (Et quand je dis long, je veux aussi dire qu’à mes yeux, la fic aurait gagné à être un poil plus condensée par moment, je dirais qu’il y a une cinquantaine de pages de trop.)

À côté de ça, il y a principalement trois points qui m’ont déplu :

1) les auteurs ont eu la flemme de créer des OC secondaires de pieds en cape et ont donc utilisé les noms et apparences (sans aucun lien de rôle ni de caractère) d’auteurs ou de personnages d’autres fandoms. Ainsi, nous retrouvons pêle-mêle Sherlock Holmes, John Watson, Elisabeth Swann (qui frôle le bashing ; à ce stade, on suppose que les auteurs ne devaient pas l’aimer), Will Turner, les Avengers ou encore Tom Hiddleston (l’acteur de « Loki »…) et bien d’autres encore. C’est peut-être idiot mais ça n’a cessé de me déranger tout au long de la lecture, je n’ai jamais réussi à m’y faire.

2) Marcus est au début présenté comme une sorte de rebelle : défiant ce que les bonnes mœurs et la domination masculine imposent à son sexe, il se fait passer pendant des années pour un homme (un vrai) afin d’entrer dans l’armée (métier bien entendu interdit aux sexes faibles puisque capables d’enfanter). Son monde s’effondre lorsque, tombé enceint de son commandant en chef, son secret est découvert. Sa réputation menaçant d’être ruinée (concevoir un enfant hors des liens sacrés du mariage ! impensable !), c’est ainsi qu’il lui faut au plus vite trouver un mari qui pourra passer pour le père légitime de l’enfant (le supérieur de Marcus refusant d’entendre parler de lui).
Une fois marié, Marcus fait pour de bon son entrée dans la « bonne société »… et j’ai eu l’impression d’avoir affaire à un personnage radicalement différent. Exit l’homme d’action que je pensais voir défier sa « nouvelle » condition sociale et vouloir être traité comme un égal par son mari (d’autant qu’Esca n’est pas lui-même conventionnel !). Soudain, les seules occupations et préoccupations de Marcus sont de décorer la maison et de prendre le thé avec les jeunes filles et autres « fortunés » du voisinage… ce que j’aurais totalement pu comprendre si Marcus (et les auteurs) l’avait présenté comme un sacrifice qu’il faisait pour le bien de son enfant, afin d’éviter tout scandale ou rejet. Mais non, les actions de Marcus ne sont dictées que parce que c’est ce que l’on attend d’un « fortuné » et qu’il ne songe pas une seconde à le remettre en question. Ce passage, assez long, est donc non seulement agaçant mais également assez ennuyant à lire.

3) Dans un ordre d’idée similaire, il est établi somme toute rapidement, par Marcus lui-même, que tout est de sa faute et qu’il a bien cherché ce qui lui arrive. Le père biologique n’est qu’une pauvre victime à qui Marcus a brisé le cœur en lui faisant croire qu’il était un homme (homosexuel) au lieu d’un homme (« fortuné »). Son commandant n’a donc absolument pas à assumer une quelconque responsabilité dans la grossesse ni le futur de l’enfant. Il traite Marcus comme un moins que rien et le tout est présenté comme normal. Marcus a menti, il n’a donc bien que ce qu’il mérite. Même si dans le récit cela reste somme tout presque un détail, cela revient tout de même à plusieurs reprises et – encore une fois – qu’est-ce que j’ai eu envie d’en retourner quelques unes à Marcus !

Pour conclure, une fic sur laquelle j’émets des réserves mais je pense sincèrement qu’elle peut trouver son public, étant intéressant à lire et plutôt bien faite. L’aspect « 3e sexe » m’a emballée, ainsi que l’atmosphère à la Orgueil et préjugés, dont le titre lui-même est un pastiche.

 

À ma connaissance, il n’existe pas de traduction française de ce texte.
(Si vous aimez cette fic, plutôt que de le dire ici, dites-le aux auteurs !)

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