Un monde gratuit (originale, gén+hét, fr)

Un monde gratuit (originale, gén+hét, fr)


Un monde gratuit

Auteur : .
Genre(s) : : littérature générale, entre romantisme et essai. Société, humanisme, écologie.
Rating : Tout public, d’après l’auteur.
État : Terminée (86 chapitres, 60 000 mots environ).

Résumé : Lorsque Jacques Dessaix décide d’écrire un essai sur ce qui, selon lui, devrait être la société de demain, un monde plus humain qui mettrait au second plan chiffres d’affaires et profit, il n’imagine pas un seul instant que cette aventure va provoquer des rencontres qui vont transformer sa vie et le mettre, malgré lui, au cœur d’un incroyable bouleversement.
Il a cinquante ans quand commence ce récit et sa retraite anticipée doit lui offrir un avenir paisible. Il veut consacrer son temps et son savoir à vivre en harmonie avec la nature. C’est sans compter avec les étranges chemins qui vont s’ouvrir devant lui.
C’est son histoire que ce récit raconte.

Avis, par Morgann : Abeilles, Spirales, Foulées : trois rencontres avec Jacky FILS, trois lectures teintées d’un plaisir évident. Un monde gratuit ne déroge pas à la règle. Jacky chouchoute encore une fois ses lecteurs avec ce roman, à mi-chemin entre romantisme et essai. Un bien grand écart entre les deux, mais l’auteur a la plume souple et habile.

Tout juste retraité, si Jacques Dessaix choisit de vivre en toute indépendance, à l’écart de la société du profit à tout prix, de surconsommation, à l’écart de l’égoïsme et des inégalités sociales, c’est pour être en harmonie avec la nature et écrire. À flanc de montagne, dans un charmant bungalow, Jacques Dessaix (et ses deux chats, Pepsi et Colas !) souhaite développer, sous la forme d’un roman, sa vision sociétale et sociale : la gratuité de l’essentiel. Concept un peu fou de prime abord, Jacques Dessaix l’amène malgré tout à maturité au travers de rencontres amoureuses et constructives. Psy et Roxane, puis Alessandro et Lucas, pour ne citer que les principaux, amèneront du relief au personnage et de l’animation à l’histoire. S’ensuivront peintures, conférences, attaque d’abeilles (oui Jacky FILS aime les abeilles de toute évidence) et questionnements pour construire le tremplin d’une fin… étonnante. Amour et altruisme : un cocktail agréable !

La première partie du roman (jusqu’au chapitre 40), essentiellement consacrée à l’amour, fait la part belle au registre lyrique. Jacques développe un amour, que je qualifierais d’intellectuel, pour Psy, une internaute avec laquelle il partage et éprouve ses premiers écrits et les ébauches de ses idées de gratuité. Roxane par contre, représente d’abord l’amour physique, sans attente du lendemain avant que leur union ne devienne totale (effaçant ainsi Psy). Dans ces 40 chapitres, l’écriture du roman de Jacques reste vraiment dans l’ombre de ses rencontres. Quelques lignes deci delà permettent de toucher du doigt le concept de gratuité, mais il est pourtant laissé libre d’interprétation. Le fil que l’on pensait conducteur s’efface au profit du bouleversement sentimental de Jacques.

Néanmoins, je n’ai pas boudé mon plaisir.L’amour possède d’étonnantes propriétés, et la plus surprenante d’entre elles est, sans nul doute, la forme qu’il prend sous la plume de Jacky FILS. Il y a, dans ces moments, la fluidité, l’enchaînement souple des mots, la précision des images pour épouser parfaitement l’imagination et le ressenti du lecteur. Chaque mot choisi est parfait, aucun autre ne peut convenir.

C’est également dans cette première moitié du roman que Roxane présente Lucas et Alessandro, deux amis proches, à Jacques. Personnage central dans ce quatuor, la jeune femme vole d’ailleurs quelquefois le rôle du personnage principal. Ils forment à eux quatre les piliers d’Un monde gratuit. Peu de descriptions physiques, hormis quelques banals détails, l’auteur mise sur leurs morales : Alessandro d’Istrillo, copie moderne du peintre Leonard de Vinci, et Lucas Lorentz, prêtre agnostique et « marginal au sein de sa propre église, […] une sorte d’électron libre aux idées libertaires ». Ce dernier, personnage bien campé et charismatique, souffle une bouffée d’air frais à chaque apparition.

À mi-parcours, le départ en tournée de Roxane marque une vraie rupture dans le livre, dans le rythme, dans l’intrigue et donc l’attention du lecteur mais aussi dans la fièvre d’écrire de Jacques. En effet, sur une vingtaine de chapitre, il délaisse quelque peu l’écriture de son roman pour faire la connaissance d’un éditeur, exposer ses idées lors de conférences sous l’impulsion de Lucas. Il ouvre son concept au public. L’ouverture d’esprit et les intérêts de ce dernier étant parfois contraires, quelques péripéties permettent de conserver l’attention du lecteur. En effet, la différence du rythme et de l’intrigue peuvent surprendre. Se coulant d’ordinaire dans la douce expression des sentiments, le lecteur doit, dans cette « transition », s’habituer à reprendre une lecture moins romantique, versant parfois dans le registre didactique. Le concept de gratuité s’élève, tend à s’imposer un peu plus, puisqu’il est l’objet des conférences de Jacques, mais rien de précis encore pourtant. Il faut surtout le voir dans les actions des personnages plus que dans les mots ; les chapitres 41 et 42, ainsi que la longue lettre de Roxane sont ainsi très révélateurs.

« L’essai que je prépare ne se veut pas un mode opératoire ou une bible, mais plutôt un support pour mener des réflexions autour d’idées que je développe. » (Chap. 63) Roxane revenue, nous sommes tout à fait dans cette citation. Les idées sur la gratuité fusent et sont discutées par les quatre amis. L’aspect sentimental fait de fugaces apparitions mais tend à s’effacer. À présent, le roman rentre dans sa phase « essai », coïncidant ainsi avec une nouvelle phase de construction du livre et des idées de Jacques. L’élection présidentielle de 2007 est utilisée comme rebondissement… à moins que Jacky FILS n’ait pu s’empêcher de prendre la parole ?

Les deux derniers chapitres marquent une fin digne d’un roman d’anticipation. Jacky FILS développe enfin et sans concession le thème de ce roman. Le cadre d’une interview à la radio, l’utilisation du dialogue et quelques réponses de Roxane limitent la brutalité de cette partie qui intéressera à coup sûr les partisans d’un changement dans la façon de fonctionner de la société.

Pour finir, le côté « encore plus de chocolat » de ce roman : les petites réflexions de Pepsi et Colas, la sagesse incarnée. Les deux chats de Jacques « prennent la parole » à la fin de chaque chapitre pour le plus grand bonheur du lecteur :
[Perdre son temps ! Quelle formule étrange. Encore une idée d’homme.]
[Jouer à chat. Pourquoi jamais les chats ne s’étonnent des jeux des hommes ?]

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