Conte de l’ennui et du désespoir (Final Fantasy VII, yaoi/slash, fr )

Conte de l’ennui et du désespoir (Final Fantasy VII, yaoi/slash, fr )


Couple : Sephiroth X Rufus (Deux personnages qui dans ce One-shot forment plutôt l’antithèse de ce que la majorité appelle « un couple ». On va dire qu’ils ont des rapports très ambigus).

Conte de l’ennui et du désespoir

Auteur : Simakai.
Genre(s): Angst / Romance (Le terme « romance » est à prendre dans son sens le plus large. Et pour ceux que ce mot a tendance à faire fuir, je rajouterai qu’on ne frise jamais, même de très loin, la mièvrerie, et que ce texte explore plutôt l’opposé de la tendresse).
Rating : M ( Plus en raison des thèmes abordés. Le lemon à la limite du lime est relativement court et demeure soft).
État : One-shot d’une longueur moyenne ( 4 636 mots).
Connaissance du fandom : Indispensable, ne serait-ce que pour bien appréhender l’état d’esprit des personnages, et comprendre des mots très spécifiques à cet univers.

Résumé de l’auteur : Rufus ShinRa et Sephiroth, deux âmes vouées à l’ennui et au néant de l’existence humaine… Oneshot yaoi lime presque lemon, assez angst.

Avis : J’ai énormément hésité pour me décider sur le classement de cette fiche. A lire la présentation précédente, c’est un Yaoï. Sauf que c’est un Yaoï qui met en avant une situation liée à l’évolution existentielle des personnages. Un Yaoï qui marque un cheminement, qui acte la destruction de deux personnalités, et qui va beaucoup plus loin qu’une simple romance, qu’elle n’est finalement pas.

Ce texte met en scène un couple peu exploité. Mais au-delà de la mise en place d’une attirance singulière entre ces deux hommes, c’est la construction d’un rapport destructeur, dont ils vont d’ailleurs se défendre, qui est intéressant. L’auteur a su parfaitement exploiter le potentiel que je qualifierais de noir de ces deux personnages au lourd passé. Avec brio son texte parvient à définir leurs caractères, aussi difficiles à cerner qu’à mettre en valeur. A mon avis il faut avoir fait le jeu pour bien comprendre toute la complexité des personnages, ce qu’ils ont déjà vécus, où ils en sont, et où ils se dirigent. Mais ce premier obstacle franchi, on entre immédiatement dans le scénario.

Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’atmosphère très particulière du récit. C’est sombre et sans concession. On passe des réflexions de l’un à l’autre de façon parfaitement naturelle, et le texte n’en a que plus de force. L’auteur a cherché à retranscrire une approche très masculine de la gestion de la situation et des réactions des personnages. Je dirais que c’est plutôt réussi. Ça change agréablement et ça cadre très bien avec l’histoire.

Ce texte narre la descente aux Enfers de deux solitudes qui se frôlent, au point de se mêler sans se comprendre. Deux désespoirs parfaitement lucides de leur condition, et qui ne se font plus aucune illusion. Un Rufus amer et désabusé s’oppose à un Sephiroth cynique et qui refuse toutes formes de sensibilité. Je ne m’étendrai pas sur la relation sexuelle, qui bien que prenant à un moment l’aspect d’un viol consenti, demeure d’une écriture très soft et bien gérée. Ce n’est en rien l’élément majeur de l’histoire. C’est plus un lime qui à la manière d’un pivot, participe à la mise en place de deux drames personnels.

Le texte n’est pas parfait au niveau de la forme. Quelques erreurs subsistent, notamment l’utilisation du tiret au lieu de trois points de suspension pour suggérer une phrase parlée interrompue. Idem pour quelques répétitions et un ou deux mots à l’usage un peu malhabile (exemple : une vois serrée). Je nuance néanmoins ce dernier propos, car d’après son profil l’auteur vit au Canada, et je sais que nous utilisons parfois des expressions un peu différentes. Par contre, même s’ils n’obéissent pas aux règles des puristes, les dialogues sont aisés à identifier, et harmonieux dans leur forme. Mais on peut regretter que les pensées des personnages soient simplement mises entre guillemet, comme le reste de la conversation. Un peu d’italique aurait été un plus. Néanmoins on se laisse très vite happer par le texte, dont les quelques imperfections de forme n’ont rien de rédhibitoire. Le style est agréable à lire et le vocabulaire suffisamment riche pour créer toute une palette d’émotions diverses.

Pour conclure je dirai que c’est une histoire à la fois forte et chargée affectivement. Elle expose un point de vue qui se veut réaliste (et avec Sephiroth il fallait s’accrocher), de façon à la fois percutante et simple. C’est un récit terriblement noir, mais beau. Bref j’ai été séduite, et je pense que vous le serez à votre tour.

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