bien indiscret! (Original : poésie, gén, fr)

bien indiscret! (Original : poésie, gén, fr)


bien indiscret!

Auteur : .
Genre : Poésie.
Rating : Tout public.
État : Poème, terminé.

Résumé : /

Avis, par Nicolas Klein : Un poème qui s’adresse directement au lecteur, au lecteur critique pour être précis.

Je commencerais par une banalité :
L’auteur qui ne rencontre pas le succès peut toujours arguer qu’il n’écrit pas pour plaire. Et il a bien raison. On doit écrire pour partager. Partager des émotions en espérant que son ressenti rejoigne celui du lecteur pour une rencontre qui dépasse les mots. Et si notre auteur n’a que l’indifférence pour seule réponse, il lui reste l’échappatoire dit de « l’artiste incompris » (qui bien souvent fume les clés de la perception au lieu de nous les donner, soit dit en passant. Huxley, si tu nous écoutes…)
Alors se pose une question : Bruno Krol est-il un poète maudit ou ce poème recèle-t-il un message subtil pour les versificateurs ?

Premier élément de réponse, il utilise la troisième personne du singulier, ce n’est donc pas de lui qu’il parle ou, plus précisément, pas de son « je » mais de son moi. Et le moi de Bruno, c’est le poète.
Mais qui est donc ce poète (tiens, oui, c’est vrai ça) ?
Bruno commence par nous informer qu’il est médiocre. Il ne faut pas s’attendre à trouver du génie mais il nous invite à aller plus loin que le jugement de la forme. Car s’il n’y a pas de génie, de prime abord, on est à sa frontière avec la folie (si le fait de s’affranchir de ses chaines sociales est folie). C’est un poète qui éructe, son cri n’est pas celui de la Castafiore, il est animal, il est entier, il est vivant. Ces mots ne sont pas le fruit d’une recherche purement intellectuelle, ce sont ceux de tout son être : « Son verbe aimer est fait de chair ».
Voici donc le sujet : c’est le poète qui s’expose à travers ses œuvres (et il est tout nu !). Certes, le thème n’est pas nouveau mais il est abordé d’une façon sincère (et là était tout l’enjeu) et personnel, ce qui le rend unique. On peut lui rétorquer que c’est bien gentil de montrer son cul ou son cœur (c’est pareil, d’après le modeste), encore faut-il savoir le faire (z’avez déjà essayé de montrer votre cœur ? faites gaffe, vous risquez d’y passer). Bruno nous répond qu’il n’existe pas une seule façon de le faire (celle écrite dans les livres). L’art, à fortiori la poésie, n’est pas figée. Elle évolue, et le lecteur doit lire avec son cœur (je sais, c’est pas évident non plus) plus qu’avec sa tête pour dépasser le carcan de ses connaissances et aller à la rencontre d’une nouvelle forme de poésie. Je fais le parallèle avec l’écrivain : ne pas imiter les Hugo, Proust, et autres grands écrivains, mais les absorber pour accoucher de son style (oh le beau bébé : 50% de panthéon, 50% de soi).
Je suis complètement d’accord ! Ne pas imiter, ne pas se fondre dans la masse (je ne suis pas un numéro !)

Je terminerai par le début et la fin; à savoir le premier et le dernier vers.
Là où on s’attend donc à l’impudeur, Bruno nous demande de pardonner son indiscrétion. Pourquoi ? parce qu’il est pas discret (je sais, je suis fort)! Il crie, je viens de l’écrire, vous suivez pas…
Mais le vrai message pourrait être « Excusez-moi d’être libre ». Sartre aurait apprécié.

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